Il y a une énergie réjouissante dans le sourire, dans la démarche et, plus important parmi tout, dans la cuisine de Borg Da Silva. L'activité et le dynamisme de l'homme ont bien fait de s'accorder et de se transcender pour réveiller Beauraing et replacer la ville frontalière sur la carte de la gastronomie wallonne. Le cœur vaillant, l'homme n'a de cesse de faire évoluer son restaurant et dessine à chaque service des assiettes, certes fort jolies, mais surtout sincères et bien arrimées à l'essentiel : le goût.

Son restaurant abCd est ancré à l'une des artères vivantes de la ville, l'endroit révèle un cadre lumineux et spacieux, il consacre une sobriété apaisante ; on sent que la démarche de Charlotte Pypops et de Borg Da Silva regarde toujours vers le mieux, dans l'assiette certes, mais aussi dans l'agrément qu'ils veulent apporter à leur maison. Qu'on regarde dans la décoration du lieu, dans la vaisselle, dans la verrerie et dans cette carte des vins qu'il pousse un peu plus vers le haut sans cesse, Borg Da Silva affirme sa volonté du mieux, le souci du bon, et cette obstination d'aller vers une forme de pureté ; cette quête de plénitude est leur chemin, c'est écrit.

Le répertoire du chef Da Silva ne louvoie pas, c'est le marché et la saison qui donnent le tempo. Il y a dans cette cuisine une harmonie entre le beau produit, sa juste cuisson, ses assaisonnements soignés et la volonté du chef d'y apporter une touche de créativité qui ne sert qu'à sublimer l'ensemble.

Comme aujourd'hui avec la Tartelette de Saint-Jacques en chaud-froid, topinambours, huile vierge et soja, les Berlingots de camembert di bufala et chèvre frais, miel de fleurs, chicon, noix, émulsion de roquette, la Lotte basse température, fideua maison, chorizo, moules fumées, légumes en pickles, jus au pistil de safran, le Ris de veau, embeurrée de chou, polenta au comté, jus à la moutarde de Dion et pour finir le beau moment, la Châtaigne, mousse chocolat et châtaigne, irish coffee.

Borg Da Silva ne fonctionne que pour la satisfaction de ses hôtes et se coupe en quatre pour diffuser les sourires sur leurs visages. Avec ses assiettes franches, lisibles et réjouissantes, l'homme tient sa belle promesse.

LD