Restaurant Mona Lisa
Le Mona Lisa, ou l’art de mûrir
À Yvoir, Emanuele Indorato et Rosa La Mela viennent de rouvrir leur maison après plusieurs semaines de travaux. Un décor entièrement repensé, inspiré de l’Etna, pour une adresse italienne qui ne cesse de s’affirmer au fil des ans.
Il y a des maisons que l’on découvre avant qu’elles ne soient vraiment découvertes. Au printemps 2023, la porte du Mona Lisa, à Yvoir, s’ouvrait sur une adresse qui accrochait immédiatement : l’âme avait parlé. Trois ans plus tard, le pari est gagné, et même dépassé.
Car la progression du Mona Lisa est de celles qui forcent l’admiration. Récompensée d’un Bib Gourmand par le guide rouge, élue Restaurant italien de l’année par le Gault&Millau, entrée parmi les meilleures tables italiennes au monde, la maison s’est imposée, service après service, parmi les tables italiennes les plus inspirées du moment en Belgique. Des reconnaissances qui ne font que confirmer ce que l’on pressentait : une montée en puissance d’une constance remarquable, portée par les origines siciliennes de Rosa et Manu. L’Etna dans les couleurs, l’Italie dans les produits, la Sicile dans le cœur.
Et ce n’est pas fini. Aujourd’hui donc, le Mona Lisa vient de rouvrir, et pas après quelques coups de pinceau. Les murs, les enduits, les carrelages, les bois, les tapis, les luminaires, le mobilier, les tables et les sièges ont tous été repensés, avec des lignes contemporaines habillées de bois foncé. Un nouvel office a vu le jour, le cellier a été revu, les sanitaires entièrement rénovés. Tout a été dessiné, choisi, pensé. Le résultat est magnifique.
Surtout, derrière cette métamorphose se cache une histoire : celle de Rosa et Manu, et de leur Sicile. Les tonalités et les matières évoquent les paysages de l’Etna, la terre volcanique, la lave, les couleurs chaudes de l’île. Une évocation discrète, à mille lieues de toute reconstitution folklorique, qui inscrit les racines du Mona Lisa dans l’architecture même du restaurant. Entre pierres anciennes et lumières caressantes, la maison respire l’équilibre et cette assurance tranquille des lieux qui ont trouvé leur rythme.
Il fallait revenir, pour goûter
Voir si cette métamorphose du décor accompagnait celle de l’assiette. Sous l’impulsion d’Emanuele Indorato, enfant d’Adrano, au cœur de la Sicile, la cuisine ne cesse d’affiner son langage : plus précise, plus lisible, plus libre. Le chef ne cherche pas à reproduire les grands classiques de la cuisine italienne. Il s’approprie les produits italiens et siciliens, les comprend, les travaille et les fait dialoguer avec sa propre sensibilité, en gardant les fondamentaux d’une tradition qu’il chérit : la qualité du produit, la simplicité maîtrisée, la générosité, le partage.
Le menu de ce jour-là nous en a donné la mesure. Notre moment s’est ouvert sur un Crudo di mare tout en fraîcheur, où le hamachi et le gambero gobbetto ont rencontré la douceur lactée d’un lait d’amandes. Puis est venu le Tonno alla Ghiotta : un thon rouge dans une sauce sicilienne de tradition, qui a joué sur la profondeur et le caractère. Les Ravioli dei Nebrodi nous ont renvoyés aux montagnes de l’île, farcis de jambon et de champignons, une pâte qui a enveloppé des saveurs de sous-bois et de charcuterie noble. Magnifique de caractère et d’équilbre. L’Astice Signature, un homard grillé relevé de ’nduja calabraise, a été le plat qui a marqué : vibrant, généreux, intensément gourmand. Le Manzo Carima, contrefilet servi avec de mini carottes et une vinaigrette de sucrine, a apporté un contrepoint à la fois franc et délicat.
Le repas a vu un final qui résume la maison : Radici di Sicilia, chocolat, sorbet à la figue, caramel au citron. Un dessert aux « racines » de l’île, entre profondeur, fruit et vivacité acidulée.
En salle, Rosa donne au Mona Lisa son âme singulière. Son accueil, sa douceur naturelle et cette élégance profondément italienne transforment chaque repas en véritable moment de vie.
Avec cette rénovation, le Mona Lisa ouvre un nouveau chapitre. Une maison entièrement transformée dans son apparence, mais fidèle à son ADN : une cuisine italienne généreuse, enracinée dans la Sicile de Rosa et Manu, et portée par la volonté de partager leur vision de l’Italie. Ce qui frappe aujourd’hui, c’est ce mouvement permanent : la maison grandit, affine son identité, gagne encore en justesse, sans jamais perdre cette générosité sincère qui fait sa force depuis le début.
LD · Eating · octobre 2026
eating aime
Les infos
- 05.11.2026 JC est un gros con
- 05.11.2026 Asador Etxebarri, meilleur restaurant du monde : le feu de bois sacré à Lima
- 28.10.2026 L’Italien Tommaso Grollero sacré Meilleur Chocolatier du Monde à Anvers
- 27.10.2026 Gault&Millau Luxembourg 2027 : Ryodo Kajiwara à nouveau Chef de l’Année
- 26.10.2026 Deux restaurants belges parmi les 10 meilleures tables végétales au monde
- 26.10.2026 Ana Roš tourne le dos au 50 Best et dénonce un classement trop tourné vers la communication
- 23.10.2026 Aldi ouvre un bar à vin éphémère à Anvers, avec des verres à partir… d’un euro
- 22.10.2026 La dernière page d’une grande histoire italienne, le Senzanome va fermer ses portes
Les plus lus
- Florence Porignon est la Lady Chef of the year 2026 13.10.2026
- La dernière page d’une grande histoire italienne, le Senzanome va fermer ses portes 22.10.2026
- Horeca : arrêtons de tout mettre dans le même sac 07.10.2026
- Le Tribunal des testeurs 18.10.2026
- L’Idiot du Village, derrière le rideau 21.10.2026








