Le Vugo, une nouvelle maison pour écrire la suite

Il y a quelques mois, le nouveau Vugo n’était encore qu’un chantier. Une grande bâtisse observée longtemps, des volumes qui se dessinaient, des matières à choisir, une lumière à imaginer. Jérôme Axters et Amandine Bataille parlaient alors d’un « projet de vie ».
Aujourd’hui, le projet est devenu une maison.

Le Vugo a donc quitté la rue du Phénix pour prendre ses quartiers dans ce nouvel écrin. Et il suffit de pousser la porte pour comprendre que ce déménagement n’est pas une rupture. C’est la suite logique d’une histoire qui avait besoin de davantage d’espace pour continuer à s’écrire.

La maison a changé d’échelle, mais pas d’âme. Les volumes respirent, la lumière circule, les matières installent une élégance tranquille. Tout semble avoir été pensé pour accueillir autrement, plus largement, sans jamais perdre cette sensation de refuge qui faisait déjà le caractère du Vugo à Mouscron.

Sauf qu’ici, quelque chose s’est ouvert.

Plus d’espace, plus de lumière, plus de respiration. Et cette impression assez agréable d’entrer dans un endroit qui n’a pas besoin de vous expliquer ce qu’il veut être.

En cuisine, Jérôme Axters poursuit son chemin avec la même clarté. Sa cuisine s’est affirmée sans se durcir. Elle reste précise, lisible, généreuse, mais semble aujourd’hui disposer d’un terrain de jeu à sa mesure. L’épure dialogue avec la profondeur, la technique reste au service du goût et chaque assiette cherche moins à impressionner qu’à laisser une trace.

Les produits eux, racontent la saison. La Langoustine, en carpaccio, s’accompagne de rhubarbe, stracciatella, tomate chocolat et tagète. L’Aiglefin arrive avec une moule de bouchot, de la criste marine et un jus marinière, dans une lecture iodée et précise.
Puis vient le Petit pois, associé à la sucrine, à l’oignon nouveau et à la pancetta, avant de se fondre dans un sabayon réalisé à partir des cosses, accompagnée de caviar ou pas.
Le Homard poursuit le voyage avec une fleur de courgette, du fenouil et une émulsion au Vadouvan. Puis le Pigeon des collines prend une direction plus terrienne, avec artichaut, ail noir, gnocchi, sarriette des montagnes et jus de pigeon.
La partition se termine en douceur avec la Fraise Gariguette, sauge cassis, oxalis et brioche, puis la Framboise, travaillée en tartelette avec mascarpone, vanille, radis et sorbet verveine-oseille.

Des assiettes qui racontent finalement assez bien le nouveau Vugo : précises sans être précieuses, créatives sans perdre le produit, gourmandes sans jamais devenir démonstratives.

Mais ce qui frappe peut-être le plus, au-delà des assiettes, c’est la cohérence de l’ensemble. Le lieu et la cuisine semblent désormais parler la même langue. En salle, Amandine Bataille dirige le service avec une élégance discrète et une précision qui prolongent le travail de Jérôme Axters. La générosité des produits trouve de l’espace, le service respire. Et le convive aussi.

Le Vugo a donc changé d’adresse, mais pas de cap.
Ce qui était hier une promesse est aujourd’hui bien réel. Une maison plus grande, certes, mais surtout une maison qui ressemble davantage au Vugo que Jérôme Axters avait envie de construire.

Un projet de vie, disait l’équipe.
Aujourd’hui, il suffit de s’asseoir à table pour comprendre.
Le chantier est terminé.

L’histoire, elle, ne fait que commencer.

LD · Eating · août 2026