À Profondeville, entre Namur et Dinant, Löctave n’est plus seulement une promesse. C’est déjà une évidence.
Ouvert à l’automne dernier, le restaurant a trouvé son rythme avec une assurance sereine. Face à la Meuse, en surplomb, la maison continue de s’imposer comme une respiration. Le temps y ralentit naturellement, la lumière glisse toujours sur l’eau et vient caresser les tables. Rien n’a bougé. Et pourtant, tout s’est installé.

Dans cette ancienne demeure de maître devenue boutique-hôtel, le charme discret a pris racine. Les verts profonds, les fresques murales, les hauts plafonds composent un écrin qui ne cherche pas à impressionner mais à envelopper. On entre, et l’on comprend immédiatement que le lieu a trouvé son équilibre.

Au rez-de-jardin, les seize couverts affichent désormais une régularité rassurante. Loïc Thirion a posé sa signature. Formé dans des maisons de caractère, comme à la mythique Pyramide à Vienne, il est aujourd’hui pleinement chez lui. Sa cuisine moderne et sensible a gagné en maturité. Elle ne cherche toujours ni le bruit ni l’effet. Elle avance avec calme, mais avec une conviction plus affirmée encore au fil des menus.

Les assiettes ont cette netteté qui marque les beaux débuts confirmés : Chaque plat s’inscrit dans une partition fluide où rien ne dépasse : Tartelette aux tomates confites, pastèque rôtie, vieux balsamique, basilic et burrata ; Pintade farcie, shimeji, abricots, lait d’amande et vin jaune ; Bar grillé, croustillant de pommes de terre au safran, légumes de saison et moules ; Pluma ibérique au barbecue, polenta au thym, artichauts barigoule, citron et jus réduit et la Fraise de Wépion, chocolat blanc, vanille et meringue pour clore le moment.

Le végétal structure le propos, la saison impose son tempo, et l’ensemble respire la cohérence. On sent un chef qui cuisine avec confiance, sans rigidité, mais avec une colonne vertébrale claire.

Le végétal structure le propos, la saison impose son tempo, et l’ensemble respire la cohérence. On sent un chef qui cuisine avec confiance, sans rigidité, mais avec une colonne vertébrale claire.

En salle, Faiçal Rhayou prolonge cette montée en puissance. Son expérience, acquise au double étoilé Chalet de la Forêt à Bruxelles, se traduit ici par un service précis, attentif, bienveillant, d’une élégance naturelle. La mécanique est en place, mais elle reste humaine.

Ce qui frappe, quelques mois après l’ouverture, c’est la constance. Löctave ne donne pas l’impression d’un jeune restaurant en rodage. Il donne celle d’une maison déjà ancrée, déjà habitée.

Et les beaux débuts, ici, ressemblent déjà à une trajectoire.

LD · Eating · février 2026