Studio 97, un an déjà : le coup de cœur est devenu une certitude

Octobre 2026. Il y a un an, Studio 97 ouvrait ses portes. Un an plus tard, la maison n'a pas seulement tenu ses promesses : elle les a dépassées. Ce qui, en février, ressemblait à une intuition très forte, puis à une première certitude en mai, est devenu une évidence éclatante. Pour moi, c'est bien plus qu'une confirmation : c'est une vraie joie, et un immense plaisir.

Derrière ce nom presque minimaliste, la table de Déborah Milioto brille d'une maturité qui force l'admiration. Mois après mois, la cuisine pourtant vite affirmée, s'est encore épanouie : plus libre, plus ancrée dans sa propre identité, plus heureuse aussi, et cela se goûte. Le talent est là, évident, mais il s'efface avec élégance derrière l'émotion et la lisibilité des assiettes.

Le parcours de la jeune cheffe s’y devine en filigrane : Brisbane, la Corse, Saint-Barth… autant d'expériences qui nourrissent sa précision et son ouverture. Pourtant, Studio 97 ne cherche jamais à démontrer quoi que ce soit, et c'est ce qui le rend si attachant. Le geste est sûr, les goûts sont nets, les tensions parfaitement maîtrisées. La cuisine avance avec calme, sans jamais chercher le spectaculaire, et c'est un bonheur de la voir grandir ainsi.

Pour ce premier anniversaire, les menus d'automne offrent un dialogue brillant entre créativité, saisonnalité et cohérence. Et il y a là un vrai détail qui compte : les deux menus sont totalement distincts. Pas ce jeu, où le menu en trois, quatre, cinq ou six services n'est qu'une même partition à laquelle on ajoute un plat de plus. Ici, chaque menu a sa propre écriture, ses propres produits, sa propre histoire. On ne choisit pas une longueur, on choisit un voyage. Cette générosité de création est rare, et elle mérite d'être saluée.

Le menu en quatre temps est un vrai moment de gourmandise : Maquereau, ajo blanco, piment et raisin ; Anguille fumée, pomme de terre et beurre de nori ; Poitrine de porc, butternut, salicorne et sauce au poivre vert fermenté ; puis une Crème de miso, chocolat, condiment koji et croustillant de maïs. Une partition lisible, tendue, joyeuse et déjà très personnelle.

Le menu en six temps n'a rien d'une version « rallongée » : c'est une autre aventure, qui va plus loin encore, avec une liberté de ton réjouissante. Moule en escabèche, aïoli, betterave jaune et cresson ; Artichaut confit, beurre blanc au caviar et condiment noisette ; Maigre, miso, purée de girolles fumées, kombu et sauce aux shiitakés fermentés ; Pigeon, ail noir, condiment cacao, panais confit et jus corsé. Puis un Sorbet aux herbes et son siphon de brebis, et pour finir une Glace à la levure toastée, croustillant de pain et praliné de noix de pécan. Des assiettes précises, audacieuses, toujours guidées par le goût, qui donnent envie de revenir à peine la porte refermée.

La salle, baignée de lumière, garde cette élégance contemporaine et apaisée qui m'avait immédiatement séduit. L'été a révélé le charme de sa terrasse, devenue un véritable prolongement du lieu : une respiration lumineuse, qu'on l’on retrouvera avec bonheur aux beaux jours.

Le service a trouvé son rythme avec une rapidité remarquable. L'équipe, soudée, est portée par une même attention discrète et une même envie de bien faire, et cela se sent dès l'entrée. La carte des vins accompagne l'ensemble avec intelligence, et les accords sans alcool sont d'une précision réjouissante.

Ce qui frappe aujourd'hui, c'est la vitesse à laquelle Studio 97 est passé de belle promesse à adresse pleinement incontournable dans le paysage gastronomique wallon.
Un an, c'est court. Certaines maisons mettent des années à trouver leur ton. Ici, il a été trouvé très tôt : deux menus, deux histoires, une même sincérité. Et il continue de s'affiner.

LD · Eating · octobre 2026