Un été chaud et sec a bousculé le calendrier des vignerons belges, avec des vendanges parfois entamées dès la mi-août. Résultat : des raisins concentrés et prometteurs, mais des volumes souvent revus à la baisse. Tour d’horizon d’un millésime qui s’annonce déjà pas comme les autres.

Vendanges 2026 : la Belgique récolte un millésime précoce, entre promesses et prudence
Les vendanges 2026 se sont achevées, ou touchent à leur fin, dans les vignobles belges — avec près de trois semaines d’avance sur l’année dernière. En cause : un été particulièrement chaud et sec, qui a nettement accéléré la maturation du raisin à travers tout le pays.
Un démarrage record
Dans le Heuvelland, les premiers Solaris ont été récoltés dès la mi-août. En Wallonie, le Domaine du Chant d’Éole, à Quévy, a lancé ses vendanges le 30 août, la date la plus précoce jamais enregistrée par le domaine. Du côté de Vin de Liège, on prévoit avoir bouclé la récolte des raisins rouges d’ici le 10 octobre, ces derniers arrivant toujours un peu plus tard en Belgique ; les blancs et les crémants, eux, sont quasiment tous rentrés.
Une qualité saluée, des volumes en repli
La chaleur et la sécheresse ont eu un effet largement positif sur la concentration et la santé des baies. Philippe Lecomte, responsable des vignes chez Vin de Liège, se montre enthousiaste : l’été sec a été particulièrement propice au développement des baies, même si les volumes récoltés se situent environ 25% en dessous d’une année moyenne. Autre avantage collatéral de ce climat : moins de pression sanitaire sur la vigne, donc moins de traitements et de passages nécessaires, un vrai soulagement pour une exploitation en agriculture biologique comme celle de Vin de Liège.
Ce repli des volumes se confirme ailleurs dans le pays. Chez Prologue, à Soheit-Tinlot, la production 2026 est estimée entre 13 000 et 18 000 bouteilles, contre 23 000 à 24 000 en 2025. Au Domaine des Vins des Cinq, à Couthuin, un épisode de gel a quant à lui provoqué une maturation plus hétérogène selon les parcelles.
Un millésime « très très sympa », mais sous surveillance
La hausse rapide des taux de sucre a imposé aux vignerons de vendanger sur une fenêtre bien plus courte que d’habitude, ce qui n’est pas allé sans un certain stress logistique. Philippe Lecomte évoque malgré tout un millésime « très très sympa » en préparation.
Le bilan reste donc contrasté : de belles maturités, mais des volumes parfois nettement réduits. Trop tôt pour parler de grand millésime, mais une tendance semble s’installer d’année en année dans le vignoble belge, des vendanges toujours plus précoces, qui obligent les vignerons à surveiller de très près la fraîcheur, l’acidité et l’équilibre de leurs raisins.
La Rédac