Les Petits Bouchons, la fin d’une belle histoire

22 août 2026

Uccle / Il y a des nouvelles, un matin, qui vous claquent à la figure. Les Petits Bouchons de Thomas et Sylvie, c’est fini.

Huit ans. Huit ans de bouteilles ouvertes, d’assiettes généreuses, de verres qui se remplissent, de copains qui s’attablent, de pintes tendues, de rires qui débordent parfois un peu du cadre. Huit ans à faire vivre ce drôle de bistrot de la chaussée d’Alsemberg, avec ses boiseries, ses miroirs, son carrelage vintage, ses vins nature. Et cette façon bien à lui de ne jamais trop se prendre au sérieux.

Les Petits Bouchons, c’était un bistrot, mais pas seulement. C’était un caractère, une humeur, une ambiance, une manière d’être. Une adresse où l’on venait pour une terrine, une saucisse, des croquettes aux crevettes, un plat inspiré du marché ou une bouteille choisie avec soin, mais où l’on restait surtout pour ce qui ne figurait sur aucune carte : les conversations, les rencontres, les copains, les éclats de rire et cette sensation d’être un peu chez soi. Une cuisine franche, généreuse, sans chichis, et une philosophie qui avait fini par s’installer dans le quartier comme si elle avait toujours été là.

Thomas et Sylvie avaient apporté leur personnalité à cette maison et lui avaient donné une vraie identité. Pas besoin d’en faire des tonnes. De bons produits, des assiettes qui ont du goût, des bouteilles qui racontent quelque chose et cette liberté propre aux vrais bistrots. Les Petits Bouchons avaient trouvé leur place. Au coeur.

Et puis voilà. Une page se tourne. Mais pas le livre.

L’aventure continuera autrement, sous la houlette de Loïck Tonnoir, dont le parcours mérite un beau détour (chouette portrait à découvrir ici). Une nouvelle histoire va donc commencer derrière cette façade que tant d’habitués connaissent par cœur.

C’est aussi ça, la vie d’un restaurant.
Des départs, des venues. De nouvelles cartes, de nouvelles mains, de nouvelles bouteilles, de nouvelles voix. Ceux qui passent le relais et ceux qui reprennent la main. Et malgré tout, quelque chose demeure. Une mémoire, une atmosphère, quelques souvenirs accrochés aux murs et dans la tête de ceux qui ont partagé cette table.

Cet endroit, on n’y venait qu’avec des gens qu’on aime. Des copains de longue date, des amis de passage, ceux avec qui on avait envie de refaire le monde autour d’une bouteille, de partager une assiette, de rire trop fort ou de refaire encore une fois cette même histoire que tout le monde connaît déjà.
On y venait pour manger, évidemment. Mais surtout pour être ensemble.

Certaines légendes s’écrivent parfois en huit ans, celle des Petits Bouchons en est.

LD