Restaurant Coquo
Retour sur terres
Oubliez les clichés sur la province et les tables en bord de nationale. Coquo balaie ce malentendu urbanocentré d’un revers de main, et avec style.
C’est à Bierwart, dans la maison familiale, à l’angle d’un carrefour, blotti derrière une façade discrète que Coquo s’est ouvert et s’est révélé, sans faire de vacarme, presque comme une confidence. Corentin Lonnoy est revenu dans son village ; il y a retrouvé ses terres, ses murs, son terrain de jeu et son âme.
Dans cette maison douce, le restaurant retrouve toute sa grande noblesse et son sens premier : envelopper, rassurer, offrir. Le convive y est reçu comme lors de ces repas d’enfance où une figure tutélaire nous couvait du regard, veillant silencieusement à ce que tout soit juste, et bon.
Une cuisine lisible, précise, profondément gourmande
Corentin Lonnoy cuisine comme d’autres racontent une histoire.
Elle s’ouvre avec un Pâté en croûte qui revisite la tradition : canard, foie gras, gel de betterave comme une encre rouge, condiment qui réveille tout. Une entrée simple, droite, limpide.
Puis viennent les Saint-Jacques, rôties juste ce qu’il faut, frôlant le noir du boudin Boca. La Granny illumine, le coing adoucit, le beurre blanc aux pommes tardives apporte la juste nuance.
Le Faisan prend ensuite place, tout en douceur : panais au café, tatin de chicon, ail noir, croquettes aux noisettes ; et cette Brabançonne, une sauce qui parle de chez nous.
La mer revient avec un Cabillaud nacré : fregola au parmesan, nuage d’oseille, chou kale beurré, chips de salsifis. Une assiette claire comme un matin d’hiver.
Puis le silence du dessert.
Un Soufflé à la Chartreuse verte et poire, chaud, léger, fragile, qui disparaît aussi vite qu’il s’élève. Une fin suspendue. Une fin qui reste.
Autant d’assiettes ponctuées de couleurs, de profondeur, de vrai. Rien de tapageur, juste du soin, du vrai.
La passion du vin accompagne la maison, mais sans la dominer. Les bouteilles choisies avec soin par Corentin convoquent des accords murmurés, jamais imposés. Le cellier grandit chaque jour avec talent et avec raison.
Ici, le vin n’écrase pas la cuisine : il l’écoute, il la prolonge, il la nuance.
Une maison qui respire la douceur
Coquo est un lieu où l’on prend le temps. Un accueil tendre, discret, presque familial.
Une petite salle feutrée, une lumière juste, tout concourt à créer ce cocon rural qui vous enveloppe dès les premières secondes. On entre, on se pose, on respire.
La cuisine parle vrai. Elle est nette, lisible, maîtrisée.
Elle rappelle que les émotions sincères naissent souvent loin du tumulte, dans une maison discrète au bord d’un carrefour, là où l’on cuisine simplement avec cœur.
Coquo, c’est la beauté des choses simples.
Et la preuve, éclatante et tranquille, que le bon, quand il est sincère, finit toujours par se faire remarquer.
LD • 04/12/25
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