Musique, massage et cidre pour du boeuf bien tendre

19 février 2014

Si on donne de la bière ou du vin à la race de boeufs japonais Wagyu, pourquoi pas du cidre aux boeufs normands? A la recherche d’une viande toujours plus tendre, un fermier de Seine-Maritime vient de mettre son idée en pratique.

Dans cette exploitation située près des bords de Seine, à Villequier, entre Rouen et Le Havre, six boeufs sont spécialement dorlotés: de la musique classique est diffusée dans leur étable pour les apaiser et s’ils le souhaitent ils peuvent se masser les flancs grâce à un balai brosse automatique. Ce traitement particulier est inspiré de celui reçu par les boeufs de Kobé, la race Wagyu, qui ont droit de surcroît à des massages au saké ou à la bière, et dont la viande est mondialement reconnue pour sa tendreté exceptionnelle.

En Espagne ou en France cette technique a aussi fait des émules avec des boeufs traités tout aussi délicatement et nourris au vin. Mais en Normandie, le cidre est roi. Quand François-Xavier Craquelin, 40 ans, éleveur bovin et producteur de cidre bio, leur en verse, avec un seau, une quinzaine de litres, ils n’en laissent pas une goutte, ont pu constater quelques journalistes.

« Je leur en donne 150 litres, quatre mois avant l’abattoir. Pour une bête de près d’une tonne, cela représente l’équivalent de 1,5 litre pour un humain », explique l’éleveur. L’intérêt de l’alcool est, dit-on, d’aider à répandre le gras de la viande dans le muscle, et d’en améliorer ainsi le persillé, c’est-à-dire le fondant.

M. Craquelin, qui a repris la ferme familiale il y a une dizaine d’années, après des études dans une grande école de commerce, élève une centaine de boeufs normands selon un cahier des charges très strict. Il met ses troupeaux en prairie sept mois de l’année, leur donne de la luzerne, des pois et des tourteaux de lin l’hiver, proscrit tout produit OGM et n’envoie ses bêtes à l’abattoir qu’au bout de trois ans.

Source afp via 7sur7.be