L’Art des Mets, le sens du goût et de l’accueil

À deux pas de la Grand-Place, depuis une petite dizaine d’années, L’Art des Mets s’inscrit dans une ligne claire. Celle d'une maison ancrée, vivante, portée par une conviction simple : bien faire, avec constance et sans détour. Ici, le plaisir n’est ni théorisé ni mis en scène, il est simplement présent.

Le lieu accompagne cette intention avec justesse. Une salle élégante sans rigidité, un décor mesuré, une atmosphère apaisée où tout semble à sa place. Rien ne cherche à capter l’attention autrement que par l’essentiel : l’assiette et le moment.

En cuisine, la ligne est nette. Une cuisine française traditionnelle, revisitée avec retenue, construite sur des bases solides mais ouverte aux inspirations. Les cuissons sont précises, les sauces travaillées avec soin, les assiettes lisibles. Le produit guide, le geste suit.

La carte évolue au rythme du marché et laisse une belle place aux produits de saison. Le lunch, proposé en deux ou trois assiettes, installe le tempo. Le menu Gourmand prolonge l’expérience, tandis que le menu Évasion en donne une lecture plus complète, entre générosité et précision.

Les entrées donnent immédiatement le ton. Le maquereau rôti, accompagné de concombre, d’aneth et d’une glace au raifort, joue sur la fraîcheur, le gras et une pointe de piquant. Les tomates en texture, associées au rouget poêlé et au spaghetti de calamar, proposent une assiette plus solaire, tandis que la salade de homard, pommes vertes, émulsion au curry léger et caviar Avruga, fait dialoguer élégance marine, fraîcheur et délicatesse épicée.
La cuisine de la terre n’est pas en reste. Les croquettes de ris de veau, mayonnaise truffée et croustillant de rattes, revisitent un registre traditionnel avec gourmandise et précision.

Côté plats, le filet de dorade, pickles de moule, poivrons et chorizo affirme une cuisine généreuse où les influences se répondent sans jamais brouiller le propos. Le contre-filet Angus maturé, parfumé au thym, accompagné d’une purée fraîcheur à la cébette et d’un chimichurri, joue davantage la carte du caractère. La volaille fermière, travaillée autour du maïs en texture et de gnocchis croustillants, apporte une lecture plus douce et réconfortante.
Le blanc de turbot, fèves des marais, rhubarbe et huile de tagète, vient quant à lui apporter cette petite touche d’originalité qui permet à L’Art des Mets de sortir discrètement des sentiers battus. Une cuisine qui reste lisible, mais qui n’a pas peur d’aller chercher ailleurs quelques idées, quelques parfums, quelques contrastes.

Les desserts prolongent cette même recherche d’équilibre. Les abricots rôtis, biscuit amande, yaourt et siphon de miel et vanille jouent la carte de la douceur et du fruit. La prune pochée, accompagnée d’un sabayon au sureau et d’une glace au lait d’amandes, propose une fin de repas plus délicate, entre fraîcheur, rondeur et notes florales. Et pour ceux qui préfèrent le salé jusqu’au bout, l’assortiment de fromages accompagné d’une confiture de saison reste une valeur sûre.

Chaque plat avance avec lisibilité, la cuisine va à l’essentiel, avec cette petite touche subtile qui traduit en clin d’œil les origines du maître des lieux.

Mais au-delà de l’assiette, c’est aussi l’attention portée aux convives qui marque. Ici, on reçoit avec sincérité. Le patron, Nourredine Hannachi, fort d’une solide expérience dans le monde de la restauration, veille à chaque détail, avec cette présence juste qui fait toute la différence. Rien n’est laissé au hasard, sans jamais en faire trop.
L’arrivée de Benjamin Coopman à ses côtés ouvre aujourd’hui un nouveau chapitre, avec de nouvelles inspirations et l’envie de poursuivre l’histoire en lui donnant un nouvel élan.

En salle, le service, emmené avec enthousiasme par Jonathan Davy, suit ce même tempo : attentif, fluide, naturellement engagé. Cette façon de recevoir compte autant que ce qui arrive dans l’assiette. Parce qu’un restaurant ne se résume jamais à une succession de plats.

L’Art des Mets ne cherche pas à séduire autrement que par ce qu’il propose : une cuisine sincère, bien exécutée, des produits respectés et une vraie attention portée à ceux qui viennent s’asseoir à table.
Et dans cette simplicité assumée, il trouve sa pleine force.

LD · Eating · septembre 2026