Le bruit courait depuis quelques semaines dans le monde de la gastronomie bruxelloise, c’est désormais officiel : Menssa, le restaurant de Christophe Hardiquest sur l’avenue de Tervueren, à Woluwe-Saint-Pierre, fermera définitivement ses portes le 14 novembre.

Ouverte en 2023 et distinguée d’une étoile Michelin en 2024, l’adresse aura connu une courte vie, après les deux décennies de Bon Bon, la table qui avait fait la réputation du chef. L’annonce, faite ce lundi 19 octobre, surprend, mais le cuisinier la présente comme un choix personnel, et non comme un échec.
À 50 ans et 35 ans de cuisine derrière lui, Christophe Hardiquest ne range pas son tablier. Pas de retraite, pas de nouvelle adresse à son nom dans l’immédiat : ce qu’il quitte, c’est la gestion d’un restaurant fixe, avec ses murs, ses charges et ses contraintes. Il veut redonner la priorité aux fourneaux : créer, chercher, transmettre, cuisiner au plus près de ceux qui s’attablent.
Une « collaboration » qui ressemble à autre chose
L’annonce parle de « collaboration de fond ». Le chef épaulera les équipes de Sanzaru, de Mizaru et du futur établissement qui prendra la suite de Menssa, tous trois liés à la famille Gillet. Il travaillera sur les sauces, les cuissons, la construction des cartes, le rapport qualité-prix et la formation des brigades, et mettra à leur disposition son carnet d’adresses de producteurs et d’artisans.
Le choix des mots est mesuré. Dans le milieu, on évoque plutôt une sorte de « reprise » de l’adresse par la famille Gillet, et un nouveau visage pour Menssa, qui se tournerait vers une « autre cuisine ». Rien n’est confirmé à ce stade.
Si tel est le cas, ce « futur établissement » prendrait la suite d’une table étoilée il y a moins de deux ans, et le passage de témoin serait organisé de longue date.
C’est donc au Petit Bon Bon, la brasserie de l’hôtel Corinthia Brussels dont il signe la carte depuis 2025, qu’on le croisera désormais. Il y sera plus présent pour suivre les assiettes, former les équipes et affiner le service.
« Je suis fier du chemin parcouru et des maisons que j’ai portées », confie-t-il au Soir. Avant d’ajouter : « Aujourd’hui, j’ai envie de consacrer mon temps à la cuisine elle-même : créer, chercher, transmettre, être au plus près des gens pour qui je travaille. C’est une décision personnelle et c’est ce qui m’anime le plus. »
Menssa donnera son dernier service le 14 novembre.
LD
Photo Anthony Florio.