Restaurant Contre Façon
Là où le goût épouse la lumière
C’est toujours un peu enivrant quand l’horizon vacille. Voir le ciel se cacher derrière les bois, deviner le soleil qui joue entre les branches, observer les couleurs se chamailler — le bleu, le vert et toutes les nuances d’une nature qui se raconte. Sur la route, les arbres semblent se pencher pour couvrir le chemin, comme pour protéger le voyageur des rayons d’un soleil trop bas. Ce chemin est beau, il a la douceur d’un prélude, et il conduit à la jolie place de Virelles.
C’est là que se niche le Contre Façon, la belle adresse du pays de Chimay. Dans une bâtisse de caractère, ancienne et fière, on imagine qu’elle abritait jadis les solides figures de la région. À peine le seuil franchi, le regard s’attarde partout : le comptoir massif en bois, l’escalier magistral, les lumières dorées qui caressent les tables. Ici, l’ancien et le moderne ne s’opposent pas, ils s’accordent. Le lieu respire cette harmonie rare où le décor devient un théâtre, un ailleurs, une parenthèse.
Derrière les fourneaux, Loïc Pierard trace sa voie avec humilité et talent. L’homme ne cherche pas les effets de manche ; il cherche la justesse. Sa signature ? Une idée simple mais géniale : interpréter chaque produit de deux manières ; l’une classique, l’autre plus contemporaine. Deux lectures d’un même goût, deux expressions d’une même vérité. C’est audacieux, fin, profondément sincère. Et cela dit tout de son rapport à la cuisine : respectueux, ouvert, généreux.
La carte, elle aussi, parle doublement. Les Saint-Jacques en deux variations : crues et cuites aux agrumes, beurre de la Ferme du Mouligneau et caviar, ou farcies aux truffes d’automne, relevées d’huile de noisettes et de cidre « Papom ». Les Croquettes sont un autre moment fort : aux crevettes grises, citron et bisque au Ginmay, ou à l’effiloché de veau, condiments d’huîtres et coppa de chez Christophe Bouyard.
Viennent ensuite le faisan façon vol-au-vent, riche et fondant, et le civet de chevreuil au foie gras poêlé, chocolat amer et groseilles. Côté mer, le bar en croûte de sel et la dorade cuite dans le riz célèbrent les beaux équilibres entre herbes, agrumes et textures.
Et pour conclure, les desserts de Valérie : fondant au chocolat, glace dulcey et tonka, ou l’omelette norvégienne au praliné et Grand Marnier.
En salle, l’esprit du lieu est porté par Marie, complice du chef et de son cœur. Leur équipe partage cette même bienveillance, cette précision douce qui fait la différence.
On quitte Virelles comme on ferme un beau livre, le cœur apaisé, un peu ébloui. Car parfois, il ne faut pas aller loin pour toucher à l’essentiel : il suffit d’un lieu juste, de belles mains et d’un soleil couchant qui s’attarde.
LD
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