Après plus de neuf années passées en périphérie de Ciney, François Grégoire et la cheffe Panya Chaiwari ont choisi de déplacer leur histoire au cœur du Condroz liégeois. Une maison de caractère, pensée pour recevoir, devient désormais l’écrin de leur projet commun. Ici, la Thaïlande se devine avant même la première bouchée. Bois tropicaux sculptés, statues de Bouddha, peintures d’Extrême-Orient et lumières tamisées composent un décor soigné, jamais démonstratif, qui invite doucement au voyage.

Dans cette atmosphère chaleureuse, Panya Chaiwari déploie une cuisine thaïlandaise fidèle à ses racines, mais toujours ouverte au dialogue des saveurs. Le temps y joue un rôle essentiel. Certaines préparations exigent patience et précision, car rien n’est jamais précipité. C’est dans cette lenteur maîtrisée que s’expriment la profondeur des bouillons, la finesse des épices et l’équilibre subtil des parfums. Sa cuisine raconte ce lien ancien entre Orient et Occident, une conversation aromatique où douceur et piment se répondent sans jamais s’opposer. Chaque plat est une histoire en soi, façonnée par la main qui cuisine, par la personne qui reçoit, par le moment que l’on partage.

La carte met en lumière quelques incontournables. La cuisse de poulet au curry massaman séduit par ses notes chaudes et enveloppantes. Les rouleaux de printemps, façonnés à la minute, s’accompagnent d’une sauce aigre-douce délicatement pimentée. Le Yam Nuea, émincé de bœuf Angus au citron vert, sauce poisson, coriandre, menthe, citronnelle et tomate, évoque avec justesse la street food de Bangkok. Le Nuea Phad Kapraw, profondément ancré dans la tradition familiale, déploie quant à lui le parfum caractéristique du basilic thaï et un bel équilibre de textures. Pour les amateurs de moments partagés, la fondue thaïlandaise, disponible sur commande, promet une expérience conviviale et généreuse.

Le service respecte les usages de la table thaïe. Les plats arrivent déjà découpés en bouchées délicates, à déguster à la cuillère et à la fourchette. Même les recettes les plus simples, comme un riz frit au porc ou un canard croustillant, invitent à prendre le temps, révélant peu à peu la richesse d’un terroir lointain et la bienveillance de ceux qui le font vivre ici.

En salle, François prolonge cette sensation de bien-être par un service à la fois délicat et jovial. En véritable artiste, il ponctue l’expérience d’une carte des vins inventive, pensée avec finesse et curiosité.

À la Maison Thaï, chaque repas devient une invitation au voyage. Un aller simple vers le pays du sourire, où authenticité, raffinement et générosité s’unissent pour offrir une parenthèse culinaire rare et sincère.

LD