Le Saint-Germain
Le goût des choses bien faites
Après de belles années dans leur adresse d’origine, Benoît Bertozzi et Lucie Merche ont fait un pas de côté. Quelques mètres seulement, mais un vrai changement de perspective. Installée désormais dans une élégante villa en bordure de la rue de Wiltz, leur maison a gagné en lumière, en espace, en respiration.
Le lieu s’ouvre, littéralement. Cuisine visible, volumes aérés, lignes claires. Tout semble pensé pour accompagner une évolution devenue naturelle. Ici, rien ne cherche à impressionner, tout cherche à être juste.
En cuisine, Benoît Bertozzi poursuit cette ligne avec constance. Une cuisine lisible, précise, sans effet de manche, portée par un menu en trois ou quatre services où l’on retrouve un Ceviche de sébaste, jambon ibérique, chimichurri, groseille et melon, ou un Œuf cuit à 64 degrés, girolles, petits gris, betterave et émulsion de champignons.
Côté plats, le carré de Porcelet, haricots beurre, fèves de soja, poulpe, chorizo et pomme de terre, répond au Poisson du jour, jus de carcasse tandoori, pois mange-tout, courgette, risotto, stracciatella et pêche. Une assiette de fromages affinés précède une finale autour de la Fraise, du basilic, de la glace vanille et d’un gel citron.
La carte, elle, laisse place à la liberté.
Les entrées posent d’emblée le ton. Les Croquettes de joues de porc et jambon ibérique, ketchup de piquillos et salade d’endives, jouent la carte du réconfort. L’Œuf cuit à 64 degrés, girolles, petits gris, betterave et émulsion de champignons, apporte une lecture plus végétale et terrienne. Le Risotto au homard complète lui ces premières assiettes avec une gourmandise plus iodée.
Puis viennent les plats. Les Pâtes fraîches à la truffe d’été vont droit à l’essentiel, dans un registre généreux et parfumé. Le Pigeonneau entier en deux cuissons, accompagné de garnitures de saison, reste un marqueur fort de la maison. Enfin, le Poisson du jour, jus de carcasse tandoori, pois mange-tout, courgette, risotto, stracciatella et pêche, joue une partition plus fraîche et contemporaine.
Les desserts suivent la même logique : lisibles, précis, sans surcharge. Coupe colonel, Crème brulée, Émulsion de Chokotoff, glace vanille, meringue ou Dame blanche traditionnelle : autant de finales qui vont à l’essentiel, avec justesse.
En salle, Lucie Merche incarne cet équilibre. Présente, attentive, elle orchestre un service fluide, naturel, jamais pesant. Une hospitalité qui ne cherche pas à se montrer, mais qui se ressent.
Au fil des services, la maison affirme sa ligne. Une cuisine sincère, une exécution rigoureuse, un lieu en accord avec ce qu’il propose.
Ici, le goût des choses bien faites n’est pas un slogan, c’est une ligne de conduite.
LD · Eating · août 2026
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