Le cramique
Le goût des Belges
© Sven Laurent
Le cramique est originaire de l’ouest de la Belgique, du Tournaisis, mais il semble aussi que ce soit une recette transfrontalière, transgenre aussi. Le cramique chez nous est une cramique outre-Quiévrain. En fait, les deux produits n’ont pas grand-chose à voir l’un avec l’autre. A l’origine, il semble qu’il s’agissait d’un pain-gâteau réalisé spécialement pour les fêtes locales. Les raisins et la pâte plus légère sont arrivés plus récemment. En France, même si le Nord est plus belge que français, on parle d’une cramique qui est une pâtisserie briochée avec un peu de chocolat et des raisins. Tandis que chez nous, c’est un pain brioché avec des raisins. En fait, on s’en fout de cette différence, ce qui compte, c’est la tartine de cramique, grillée, enduite de beurre salé et trempée dans une tasse de chocolat chaud quand la pluie tombe horizontalement. Que peut-on espérer de mieux de la vie ? Le cramique se mange aussi sans être grillé mais toujours avec du beurre salé, pour augmenter le contraste. Une belle tartine de cramique moelleuse à souhait, où le beurre creuse des cratères quand il est trop froid, où la mie colle un peu aux dents et où l’on perçoit encore le froid du beurre entre les gencives… Dans certains hôpitaux, le cramique est proposé aux patients le dimanche, comme une friandise, un petit goût de bonheur. A ce sujet, la cramique/margarine ou beurre frigotartinable sans sel est interdit par l’article 107 quater de la convention de Genève Il semblerait que certains économes et diététiciens s’y opposent, mais il s’agit d’un ridicule combat d’arrière-garde, le cramique beurré salé triomphera bientôt de l’obscurantisme.
On parle aussi, mais sans preuve irréfutable, de peuplades mangeant le cramique nature en direct du sachet. Nous attendons avec impatience la prochaine livraison des Carnets du bourlingueur pour en savoir plus.





