Le Faro
Le goût des Belges
© Sven Laurent
Je me demande parfois si faro ne viendrait pas de faraud, mais bon, pour les insultes, il faut consulter le texte moule à gaufre ou Haddock. Par contre, qu’est-ce que le Faro ? Encore une de ces bières uniques et exceptionnelle dont Bruxelles a le secret. En fait, le Faro est un lambic édulcoré. Oui mais, m’objecterez-vous, le lambic est un organisme vivant, n’étant aucunement impliqué dans les aventures de Tintin mais bien dans celles de Bob & Bobette, si on l’additionne de sucre, ça va partir en fermentation et être du genre beurk beurk à boire.
Certes, c’est donc pour ça que certaines brasseries ne font le Faro que sur commande. Les autres, qui s’y risquent doivent faire passer le produit sous les fourches caudines de la pasteurisation ou, à tout le moins, d’une stabilisation du produit. Cela enlève un peut de charme, mais c’est quand même abordable.
Le Faro est une bière que l’on commande à la brasserie, c’est donc pour une occasion spéciale, en fait c’est une bière de fête gentille, une bière fraîche presque produite sur mesure, c’est quand même du luxe ça, non ? Dans les temps un peu plus anciens, genre la fin du dix-neuvième, début du vingtième, le Faro était fabriqué pratiquement chaque jour pour les bistrotiers, et c’était la boisson légère des nanas et des gamins. Le Faro est censé posséder des vertus particulières, genre vachement bon pour les fraîches accouchées ou les enfants un peu chétifs et malingres. Aujourd’hui, le Faro est devenu un produit très peu demandé, les fabrications sont peu nombreuses, faut dire qu’il y a peu de clients. Pourtant, cela devrait être dans l’air du temps, vu que c’est édulcoré. Mais ça manque peut-être de produits chimiques pour faire accourir les djeun’s. A quand l’idée géniale d’un faro aux fraises, ou mieux encore : le faro breton, spécial échouage à marée basse sur la grève.





