Les couques
Le goût des Belges
© Sven Laurent
« Bonjour, je voudrais trois couques au beurre, oui, les pas trop cuites, deux au chocolat et deux aux raisins. Oui, ce sera tout. Merci. »
Mais que sont donc ces couques dont je parle ? me demanderait un ami étranger m’accompagnant à la boulangerie.
Il est vrai que sous le vocable « couque » en Belgique, selon les régions, on sous-entend des choses parfois fort différentes. Ainsi, cela peut signifier, dans certaines contrées reculées de Wallonie, un sandwich mou. Il y a aussi les couques de Dinant, qui n’ont rien de mou, et les couques suisses (ou couilles suisses) qu’il ne faut pas confondre avec les couques aux raisins. A raison.
Les couques dont je vous entretiens sont au beurre. Elles se nomment pour la variété au chocolat « pain au chocolat » de l’autre côté francophone de nos frontières ou encore pour la version aux raisins « petit pain aux raisins ».
Voilà, maintenant que les choses sont claires, parlons de la couque de base : la couque au beurre. Elle ressemble vaguement à un croissant dont on a ramassé la pâte en boule. Elle est cependant plus sucrée et plus consistante. En général, si le boulanger n’a pas lésiné sur le beurre et sur le sucre, elle se plaque contre le palais, ce qui a le mérite de prolonger son goût mais de gêner quelque peu l’élocution, et ses miettes viennent se loger sur la face externe des dents, ce qui contre-indique le sourire ultra-bright à moins d’avoir perdu tout sens commun.
Son goût est inimitable et j’ai déjà eu l’occasion d’entendre des Belges exilés aux quatre coins du monde se plaindre de ne plus pouvoir en savourer. En règle générale, la couque au beurre se mange telle quelle, mais la bienséance n’empêche pas d’y adjoindre une couche de beurre et quelques cuillères de confiture. On n’a jamais que le bien qu’on se fait ! Le café fort est de mise et rien que d’en parler, il me vient des envies…
La couque aux raisins ressemble à la première se ce n’est qu’elle contient un bon paquet de raisins de Corinthe. Dans le sac en papier de la boulangerie, il est parfois malaisé de les distinguer, sauf si un raisin a décidé d’aller se loger à l’extérieur de la chose pour en permettre l’identification rapide. On peut lui faire également le coup du beurre et de la confiture.
La couque au chocolat est, quant à elle, truffée de petites boules de chocolat. Il y a un risque de se salir les doigts et d’en mettre partout quand on la mange au volant, mais hormis ce point de détail, le bonheur est complet !





