Maitrank
Le goût des Belges
© Sven Laurent
Avant de vous parler de l’aspérule odorante (non, ce n’est pas une nouvelle marque de nettoyant ménager), il faut que je vous confie un truc dingue. Me baladant sur le site officiel du maitrank, je viens de parcourir la recette de la choucroute au maitrank. Eh bien, on ne rigole pas avec la boisson locale à Arlon, on la met à toutes les sauces ou plutôt, elle fait partie de toutes les sauces. Celles qui accompagnent la poularde, le lapin, le pigeonneau, j’en passe, mais tout ce qui se mange est censé être accommodé au maitrank , c’est marche ou crève, ici. Ouf, je n’ai pas trouvé la recette des raviolis Buitoni au maitrank…
Qu’est-ce que cette chose ? La boisson de mai, le nom le dit, non ? Il s’agit d’une macération d’une petite plante parfumée poussant au pied des hêtres dans cette belle région. Elle n’intéresse pas les druides spécialisés dans la cueillette du gui qui, lui, se trouve en hauteur. Mais par contre, elle suscite très fort l’intérêt de l’Arlonnais qui comme chacun sait est un bien joyeux drille. Cette aspérule odorante macérée selon une recette ancestrale dans un vin de Moselle, des oranges coupées en rondelles et toute une série d’autres ingrédients plus ou moins secrets, donne après filtration ce sympathique breuvage.
L’origine de ce vin remonte à la fin du premier millénaire, en Allemagne où les moines de l’abbaye de Prüm avaient pris l’habitudes de faire macérer l’aspérule dans du vin que l’on buvait au printemps pour guérir des plaies de l’hiver. Bien bonne habitude que je ne saurais que recommander.
Le dernier week-end de mai, à Arlon, c’est la fête du maitrank, ça vaut peut-être la peine de faire un peu de tourisme puisque finalement, ça fait des années que vous en buvez !





