Le Cougnou
Le goût des Belges
© Sven Laurent
Le cougnou ou la cougnolle tient une place importante dans nos cœurs. Avec le Saint Nicolas en spéculoos, le massepain, les mandarines, les nic-nac au sucre glacé, les cougnolles (je parlerai plus volontiers de ces dernières car mon enfance s’est déroulée au pays des cougnolles et non des cougnous), ces drôles d’enfant Jésus à deux têtes, sont les seules friandises qu’ont connu nos parents et grands-parents.
Nous, génération des années ’60, avons eu la chance de fréquenter les bonbons de toutes les couleurs, de tous les goûts, de toutes les formes mais néanmoins, les cougnous sont une part de bonheur que jamais nous n’oublierons. Il me semble (ai-je déjà l’âge de regretter le passé et de radoter ?) qu’à cette époque, il neigeait tous les hivers et qu’à chaque Noël, un bonhomme montait la garde au fond du jardin dans la lumière bleuâtre des flocons qui virevoltaient. Les premières cougnolles arrivaient quelques jours avant les vacances. Sûrement le dernier jour de classe. Il devait y avoir quelque chose entre la maîtresse et le boulanger pour que les choses soient si bien coordonnées. On en mangeait de grosses tranches au beurre frais et à la confiture de fraises. De quoi se barbouiller les joues avant de se les rougir un peu plus dans le vent. Le nombril en plâtre du petit Jésus me fascinait particulièrement. Oh, pas une histoire sexuelle mais une affaire de gourmandise tout simplement. Qui m’a valu de me retrouver au coin sous les cris d’une mère oscillant entre le plaisir d’aller le raconter à ses copines et l’inquiétude d’une éventuelle perforation gastrique. Eh bien, rassurez-vous, le plâtre n’est pas toxique. Du moins, à cette dose.
Il existe des cougnolles de toutes les tailles. Actuellement, on trouve de plus en plus de mini petit Jésus individuel, au sucre, au raisin ou au chocolat. On s’éloigne un peu des classiques mais c’est aussi cela, une culture qui évolue.





