Boudin-compote-purée
Le goût des Belges
© Sven Laurent
Quel est donc le secret de ce plat pour qu’il remporte toujours le même succès génération après génération de têtes blondes ? Moi, j’en salivais en sentant l’odeur envahir la maison et maintenant ce sont mes enfants qui sont pris de la même sécrétion buccale quand je me mets aux fourneaux, armé de mon presse-purée et de ma motte de beurre.
Le boudin, c’est une grande histoire de campagne et de fermes. A l’origine, on le fabriquait à la période des fêtes au moment où l’on tuait le cochon engraissé. A l’heure actuelle, il n’y a plus de moment pour tuer le cochon, enfin, entendons-nous, il ne s’agit pas d’aller le tuer en pleine nuit, ça réveille les voisins, je disais donc : il n’y a plus de moment pour tuer le cochon, puisque celui-ci est anonyme et que dans la plupart des cas, le boudin s’achète chez le boucher du coin. Le boudin noir est élaboré à partir du sang frais immédiatement salé pour éviter sa coagulation et dont on farcit les tripes nettoyées et bouillies. Le boudin blanc, quant à lui, est aussi une affaire de cochon mais une affaire différente. Mélange de pain et de morceaux maigres de porc, il se consommait dans les familles rurales toute l’année et n’était pas lié comme le boudin noir à la période de Noël.
De nos jours, le boudin-compote-purée reste une fête de tous les jours. Pour qu’elle soit complète, prévoyez de découper les pommes avec les enfants et de les faire fondre doucement dans une noix de beurre frais. Normalement, ils l’ont tous fait à la maternelle et seront ravis de montrer leur talent de cordon bleu. Pareil pour la purée. Montez-la avec amour sans lésiner sur le beurre avant que le boudin noir n’éclate dans la poêle. Et hop, à table. Attention, le risque avec ce genre de plat, c’est la brûlure du palais. Même si on est pressé, faut bien souffler sur sa fourchette !





