Les chicons braisés
Le goût des Belges
© Sven Laurent
Il faut que je vous avoue tout de suite une chose : les chicons c’est mon point faible. J’en mangerais tous les soirs. D’ailleurs, je profite de ce chef d’œuvre de la littérature contemporaine pour passer une petite annonce : mon cœur à la personne qui me préparera des chicons chaque jour. Voilà , c’est dit, pour de plus amples renseignements, vous savez où me trouver.
A mon sens, les chicons braisés sont le meilleur légume qui soit. Ecoutez voir. En connaissez-vous seulement un autre qui développe une saveur aussi moelleuse alliée à une telle amertume ?
Pour braiser correctement des chicons, il faut peu de choses mais elles sont indispensables. Du beurre salé, de ferme, n’allez pas sortir votre margarine ou votre huile d’olives dans un souci diététique, ce serait gâcher la nourriture. Des chicons, pleine terre, je l’ai déjà dit mais c’est à force de taper sur le clou … Mon père cultivait ses chicons dans la cave, à l’obscurité, dans un bac immense rempli de terre. Dans l’enfance, cela m’impressionnait et j’évitais même de m’y rendre car ce truc mystérieux me faisait vaguement peur. Puis, vous savez, les gosses et les chicons, c’est une histoire qui ne se passe pas toujours bien. Au début du moins, voyez comme je suis maintenant. Les chicons avant d’être braisés doivent d’abord cuire lentement sous une feuille de papier sulfurisé. La patience est de mise. Si vous ne disposez que d’un quart d’heure, oubliez l’idée au risque de vous retrouver avec des machins carbonisés pleins de flotte à l’intérieur. Ce n’est que quand le chicon est cuit qu’on le braise à feu vif et pas avant ! Pas de condiment spécial, juste du sel et du poivre et tout le goût du chicon. A s’en lécher les canines !!!





