Eau de Villée
Le goût des Belges
© Sven Laurent
La Villée est un petit ruisseau qui coule, c’est le principe de la chose en général, notamment dans le village de Biercée. Pour ceux qui ne connaissent pas vraiment, c’est à un jet de noyau de cerise du Beffroi de Thuin. L’histoire de ce produit commence il y a bien longtemps, quand un Normand en visite dans sa famille au village, conseille de ne pas gâcher les pommes tombées au pied des arbres et d’en faire de l’eau de vie. Un certain monsieur Clempoel et un autre connu sous le nom de Père Jules vont transformer un lance-torpille allemand échappé de la récente guerre en alambic. Comme quoi, quand c’est bien compris, un bon ustensile de guerre peut devenir quelque chose d’intéressant. La distillerie artisanale de Biercée ne le sait pas encore mais elle vient de naître. Après quelques péripéties, en 1981, Monsieur et Madame Pire, responsables de la distillerie à cette époque mettent au monde l’eau de Villée. Au début c’est un succès d’estime, limité à la zone du pays de Charleroi. C’est un alcool élaboré à partir de citron et de quatre autres fruits. Il me revient que lorsque j’étais gamin, (dans ces années-là , je l’étais encore un peu), on proposait l’Eau de Villée dans les restaurants avec un zeste de citron jaune et une feuille de menthe sur quelques glaçons. Oublier la feuille de menthe était totalement criminogène, voire engueulogène dans la majorité des cas. Aujourd’hui, l’Eau de Villée est devenue tout doucement mais sûrement un succès de foule. On ne la sert plus comme au temps des pionniers, la distillerie n’est plus sur son lieu d’origine, plus exactement non plus à Biercée et le nouveau propriétaire en a fait une belle machine commerciale qui tourne plutôt pas mal.





