La fraise de Wépion
Le goût des Belges
© Sven Laurent
Connaissez-vous la ville de Wépion, banlieue tranquille de Namur où, le long des bords de Meuse s’égrènent les échoppes des vendeurs de fraises ?
L’image d’Epinal a, certes, un peu jauni, la Meuse également et les maisons de pierre ont laissé la place à des constructions plus modernes faisant de l’endroit la cité-dortoir de la grosse ville plutôt qu’un pittoresque village wallon. Mais si le paysage d’antan s’est peu à peu transformé, la tradition agricole est cependant restée. Ici, à Wépion, tout tourne autour de la fraise. Dans les écoles, les classes sont peintes en rouge. Dans les commerces, les emballages-cadeaux sont décorées de dessins de fraises, les feux rouges sont de gros fruits mûrs, même le papier à en-tête de l’administration est frappé au sceau de la fraise. Non, j’exagère bien sûr, c’est juste pour que vous compreniez le phénomène. Il est vrai que cette fraise est réputée sur tout le territoire. Et pourquoi la fraise de Wépion est-elle si savoureuse ? C’est une mignonne petite bête rouge vivant en communauté sur les coteaux de la vallée de la Meuse, dans une terre légère et caillouteuse reposant sur un sol calcaire ne retenant pas l’eau. Comme tout habitant de la vallée, elle bénéficie du bain de brouillard journalier lui conférant, d’après les producteurs, son aspect unique et reluisant. Ca, c’est pour l’aspect terroir, quant à l’aspect humain, il y a des tunnels de plants de fraisiers, une plantation et une sélection à la main, des systèmes d’irrigation goutte-à -goutte et des lits de paille au pied des fruits. Comme quoi, ça a l’air plutôt sympa d’être une fraise dans le coin.
Sauf que le réveil est matinal, sur le coup de 5 heures. Pour aller rejoindre les soeurettes dans le ravier de 500 g et être acheminée vers les points de vente et le marché à la criée chaque soir de la mi-mai à la fin juillet. La seule chose que l’on puisse regretter dans cette histoire est que sur une année, il y ait nettement plus de jours de début août à mi-mai. C’est comme ça dans la vie, y a toujours plus de jours sans que de jours avec.





